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Le calcaire du Pont du Gard éclaire l’arrêt de l’eau à Nîmes vers 270

Élise-Marie Delmas-Montclar 2 min de lecture
Le calcaire du Pont du Gard éclaire l’arrêt de l’eau à Nîmes vers 270

Une étude publiée le 15 septembre dans Geoarchaeology apporte un nouvel éclairage sur l’histoire de l’aqueduc de Nîmes et du Pont du Gard. Des géoscientifiques de l’université Johannes Gutenberg de Mayence ont analysé les dépôts de calcaire formés sur les parois du canal. Ces couches permettent de suivre près de trois siècles d’utilisation du réseau.

Leur résultat principal concerne la fin du 3e siècle. Vers 270, l’alimentation en eau de la ville de Nîmes s’arrête brutalement. Pourtant, l’aqueduc continue de fonctionner en amont pendant environ 140 ans, jusqu’au 5e siècle. L’ouvrage transportait donc encore de l’eau, ce qui écarte l’hypothèse d’un effondrement technique du réseau.

Les couches calcaires comme archive

L’équipe a étudié des prélèvements effectués en dix points sur les 50 km du tracé. Chaque année, l’eau déposait une nouvelle couche de calcaire. La composition isotopique de ces dépôts permet ainsi de dater les interventions et les changements dans le fonctionnement de l’aqueduc.

Mis en service vers 50 apr. J.-C., l’aqueduc ne descend que d’une douzaine de mètres sur 50 km. Onze ans plus tard, une seconde source est ajoutée et les parois sont renforcées. Vers 150, environ la moitié de l’eau destinée à Nîmes est déjà détournée vers l’irrigation de grands domaines.

Des domaines alimentés après l’arrêt pour Nîmes

Au milieu du 3e siècle, les dépôts deviennent plus poreux et contiennent argile et sable, signe d’un entretien moins suivi. Après l’arrêt de l’alimentation urbaine, l’eau est dirigée vers les exploitations installées le long du parcours.

Selon science-et-vie.com, les chercheurs envisagent qu’une crise de population ait touché Nîmes à cette période, alors que la peste de Cyprien frappait l’Empire entre 250 et 270. Cette piste reste une hypothèse : les carbonates établissent la rupture, sans en identifier la cause.

Source : science-et-vie.com

Élise-Marie Delmas-Montclar

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